Ouchebtis. Les serviteurs funéraires privés de la fin de l'Égypte pharaonique La collection du musée du Louvre
• Les Égyptiens du Ier millénaire av. J.-C. plaçaient dans leurs tombes des statuettes alors appelées ouchebtis — « ceux qui répondent » en égyptien ancien. Ces ouchebtis, destinés à se substituer aux défunts en répondant à l’appel lors de corvées agricoles à accomplir dans l’au-delà, sont à la fois des images idéalisées du mort et des serviteurs – travailleurs, empoignant la houe, le pic et le sac à semailles. Souvent inscrites, ces statuettes constituent des sources documentaires de premier ordre qui concernent autant les croyances funéraires égyptiennes que les structures d’une société complexe. Comme le soulignait Jean-François Champollion dès 1827, leurs textes livrent les noms, filiations et fonctions des défunts, permettant de reconstituer « la série des castes, celle des fonctions publiques, et en un mot le tableau fidèle de l’organisation sociale des Égyptiens ». Jean Yoyotte les qualifiait plus tard de « témoins de la société égyptienne ».